Un Patrimoine

Les Berbères appartiennent aux terres où on les a trouvés”. Certaines études visent à affirmer que leur origine est afro-asiatique, mais nul ne peut apporter la certitude quant à leur descendance. Le tissage, cet art et pratique féminine, est d’usage dans toutes les familles du village de Ouedhref. Il incarne des notions de vie, de mort, d’union, de valeurs… Le tissage se transmet de mère en fille dès le plus jeune âge et contribue à la conservation de cette expression culturelle par excellence. Le tissage et le tapis berbère nous donnent une multitude d’information quant au brassage des civilisations depuis la nuit des temps.

Les outils des artisanes – peignes, cardes, quenouilles et autres – sont personnels et ne se prêtent pas. Ces outils de travail, d’expression, de devoir, d’esprit, viennent souvent du passé. Ils constituent un héritage de mère en fille en incarnant, bien sûr, la filiation par les femmes. Chaque outil conserve une symbolique liée à l’étape de l’expression de l’artisane. Plusieurs chants sont dédiés aux outils, à leur utilité et à l’attachement que l’artisane éprouve à leurs égards. Autrefois fabriqués en bois, aujourd’hui, les outils sont créés à base de métaux et confectionnés par les mains des artisans du village de Ouedref.

Le métier à tisser est construit selon des méthodes traditionnelles dans lesquelles les artisanes s’accomplissent et s’entraident en produisant des chants pour les aider à garder la motivation et faire appel à leurs énergies. Mais le travail de l’artisane commence bien avant la construction du métier. Elles effectuent d’abord la tonte , le lavage, le séchage, le cardage et le filage de la laine brute et naturelle. Ensuite vient l’application de la teinte,puis le montage du cadre en coton naturel et enfin commence le tissage.

L’art du tapis berbère est relié directement à un phénomène de société, à la spiritualité, aux croyances en des valeurs qui unissent les tribus et affirment leur culture. Cet art sacré a été conservé par les artisanes du village de Ouedref et constitue une richesse sociétale de patrimoine humain. Les moments partagés, le savoir faire, les chants, l’application des symboles sont une locomotive de vie pour les artisanes et pour le reste du village.

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